Envoyez la purée !

Lors du dernier RDV chez le pédiatre, nous avons subrepticement amené le sujet de la diversification. En effet, si Louise a fait ses nuits très tôt (et c’est toujours le cas depuis !), boire ses biberons de lait n’a jamais vraiment été sa priorité… Elle a toujours mieux à faire : jouer, faire le pitre, dormir, essayer de regarder la TV, etc. A l’aube de ses 4 mois, certains biberons étaient devenus un moment de tension car les quantités bues n’étaient pas franchement calquées sur les préconisations pour son âge, sa taille et son poids ; bref : on avait hâte de diversifier son alimentation ! Presque un mois plus tard, on dresse un premier bilan.


Bois, ma fille…

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Le diktat du quota de lait

Depuis sa naissance, Louise n’a jamais été une grosse mangeuse ; ou, devrais-je dire, « buveuse ». Elle a presque toujours pris son temps pour ses prises de lait, a souvent décliné l’invitation à boire, sans forcément avoir conscience qu’on ne le lui demandait pas vraiment son avis — et là était peut-être le problème. Seulement, pour nous jeunes parents, voir son nourisson bouder la tétine est un mélange d’émotions : entre déception, frustration et inquiétude.

La déception est certainement due au côté rituel de la chose. Les biberons sont une préparation structurée, rythmée et bien organisée. Ça se planifie, on articule les activités de la journée (voire, pour les moins chanceux, de la nuit) autour des bibs. Alors lorsque Bébé badine avec le lait, ça chamboule le programme.

La frustration, c’est quand Bébé pleure pendant les repas. Parfois, on pense ressentir l’expression de sa faim malgré les pleurs, et on en déduit une gêne : maux de ventre, maux de gencives, lait trop chaud ? trop froid ? mal mélangé ? C’est frustrant car on veut bien faire, on a le sentiment qu’elle boirait bien si elle le pouvait. Pourtant, on peut se tromper. Mais dans ces moments-là, les pleurs étant le seul moyen de communication orale de Bébé quand ça ne va pas, ça donne lieu à un florilège d’interprétations, plus ou moins saugrenues et/ou orientées.

Enfin, la sournoise, l’insidieuse inquiétude. Celle qui vous prend aux tripes, qui vous tracasse, qui vous fait bêtement parcourir les forums, qui vous incite à aller consulter les urgences pédiatriques à minuit. Ce qu’elle a de fourbe, c’est qu’elle apporte avec elle sa grande copine : la culpabilité.

Si elle ne boit pas ou peu, c’est notre faute, on fait mal quelque chose.

Voilà ce qui tambourine dans votre tête. Vous passez en revue des choses improbables : l’épaisseur du lait, le goût du lait (même si elle a déjà bu 325 biberons dudit lait auparavant, dans les mêmes biberons), la qualité des tétines, leur matière, leur débit, la chaleur du lait, la position pendant la tétée, le bruit environnant, le fait de parler ou pas, le mode d’alimentation (allaitement VS lait en poudre, encore une louche gratuite de culpabilité pour la Maman), le nombre de personnes autour…

Puis on passe au niveau 2 : elle a peut-être mal quelque part… si ce sont des coliques, on devrait lui donner de la Calmosine. Elle aime le goût du gel framboise mais ça ne semble pas faire d’effet sur la supposée douleur… on tente le Babyfen. Pas mieux. On se fait prescrire du Débridat, à administrer par seringue : Louise déteste ça et pleure tout son saoût, se fatigue et dépense de l’énergie, en plus de ne pas boire. On continue deux semaines car c’est la prescription. Pas d’amélioration franche, on est toujours dans le doute. Et si c’étaient ses dents qui travaillaient ? On tente la tétine pour gencives, c’est un bide.

Parfois, un moment de grâce, elle boit tout sans broncher, plutôt vite. Elle est apaisée, elle ne semble pas abhorrer le lait comme on a pu le penser. D’autres fois encore, souvent le matin, au réveil, après sa longue nuit de sommeil, elle se jète littéralement sur son biberon et en boit + que dans la journée. On prend. Ça soulage, ça nous rassure.

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Quand le corps médical participe un peu à la psychose

Nous ne mettons pas en doute un seul instant la volonté de bien faire et la bonne foi des personnels médicaux ou paramédicaux auxquels nous ayons eu affaire. Néanmoins, ils n’ont pas toujours été d’une grande aide, pour donner dans la litote. Au-delà des divers médicaments prescrits dans le cadre des coliques, dont l’effet a certainement été similaire à un bon vieux placebo, on regrette surtout certains conseils « automatiques » (sont-ils seulement parents ?) et pas nécessairement de bon aloi.

La dimension humaine, on le sait et c’est aussi compréhensible que nécessaire, n’est pas tout à fait la spécialité du corps médical, en général, en contexte professionnel (autrement dit de soignant à patient). Cela leur permet assurément de rester performants et d’exercer « sans passion » — comme l’exprime très bien Oswaldo Mobray, bien que le domaine d’application diffère (du moins, j’ose l’espérer wink ). Aussi, quand on vient au milieu de la nuit, inquiets de la voir boire de moins en moins alors qu’elle n’est déjà pas bien grosse, on aimerait de pas s’entendre dire « il faut la faire boire plus vite » ou « donnez-lui plus à manger, forcez-la, sinon c’est l’hospitalisation », alors que son état n’avait factuellement rien de critique, ce dont on prendra conscience plus tard en lisant nos propres carnets de santé, bien moins glorieux encore que le sien : elle ne se débrouille pas si mal, en fin de compte.

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On a fini par acheter une balance alors qu’on s’était dit qu’on ne le ferait pas. On souhaitait (encore et toujours) se rassurer, ni plus ni moins, et ça a plutôt fonctionné. Nous avons pesé Louise chaque semaine, pour constater qu’elle prenait un poids convenable, même si souvent un brin sous la moyenne. Ah ! Cette moyenne… Tyran des parents inquiets.


Mange, ma fille…

Ce prologue terminé, on comprendra mieux la raison pour laquelle nous avons démarré les purées et compotes aussitôt que la pédiatre a donné son feu vert.

Du brocoli à la poire, en passant par la patate douce

Si la première purée de Louise a été un grand moment pour nous, ça semble avoir simplement été une chouette découverte pour elle, qui a vite pris le pli. On a attaqué avec du brocoli pur (mixé, évidemment… gros malins !), sans pomme de terre, sans sel, sans rien. Elle a adoré ça. Puis, on a testé la carotte, les haricots verts (qu’elle prend plaisir à vaporiser sur nous, comme elle n’aime pas ça), la patate douce, mais aussi les compotes de pomme (pas trop son truc), de poire et de banane. Et ça va mieux.

Mange… à ta faim.

Mais, en fin de compte, ce qui va vraiment mieux, c’est qu’on lui met beaucoup moins la pression. Le repas n’est plus source de stress. Elle boit ce qu’elle boit, elle mange ce qu’elle mange. Si elle mange/boit très peu lors d’une prise, on part du principe qu’elle a certainement peu d’appétit à ce moment et qu’elle se rattrapera lors de la prochaine. C’est plus rapide, ça crée moins de stress, y compris entre les parents (quand ça ne marche pas, que l’un pense qu’il faut insister et l’autre non, ça peut créer des tensions alors que l’inquiétude est la même), et ça devient même un moment de plaisir : tout le monde y gagne, Louise la première.

Par ailleurs, je pense qu’il faut aussi laisser le temps au temps, et la patience d’un parent dont l’enfant ne s’alimente pas comme escompté est mise à rude épreuve ! Louise aura bientôt cinq mois et il est évident que le temps a joué un rôle majeur dans l’amélioration des choses. On n’est pas au bout de nos peines et elle non plus, mais pourvu que ça nous serve de leçon pour les épreuves futures (qui a dit « les dents » ?).


Quelques photos

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Une réflexion sur “Envoyez la purée !

  1. Concernant le biberon et les repas, bizarre j’ai la même à la maison.
    On a dû lui donner à la seringue à sa naissance.
    Ensuite, on a galéé pour lui faire boire les biberons de lait.
    Aujourd’hui encore, c’est un perpétuel combat avec les repas. Elle nous surprend car parfois, elle ne veut rien manger et parfois mange comme un ogre.
    Du haut de ses 5 ans et 4 mois, notre princesse ne pèse que 15,1 kgs. Je tiens au petit 0,1.
    Ne désespérez pas, un jour ça viendra sauf si elle vous répond que dormir et manger c’est une perte de temps.
    En tout cas, nous sommes de tout cœur avec vous et on peut en discuter quand vous voulez.
    Gros bisous du Caillou.

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